Pour la deuxième année consécutive, j’ai eu le plaisir de participer au plus grand rendez-vous mondial consacré à l’édition jeunesse. Cette invitation témoigne de la confiance que m’accorde BCBF pour contribuer à la visibilité de l’édition jeunesse africaine francophone sur la scène internationale.
Une présence africaine renforcée
Cette année, j’ai eu l’honneur de faciliter la venue de sept éditeurs d’Afrique francophone. Originaires de plusieurs pays du continent, ils ont participé à des rencontres professionnelles, développé leur réseau international, présenté leurs catalogues et exploré des opportunités de cession de droits. Dans un contexte où l’accès aux grands marchés internationaux demeure un défi pour des maisons d’édition africaines, ces temps de rencontre sont essentiels pour créer des liens et faire découvrir la diversité des productions jeunesse africaines.
BOP, une reconnaissance méritée pour Saaraba
Quelle émotion !
Dans cette salle comble de professionnels du livre jeunesse du monde entier, l’annonce que les éditions Saaraba remporte le BOP – Bologna Prize for the Best Children’s Publishers of the Year (Afrique) a été très acclamée.
J’avoue que mes yeux brillaient lorsque j’ai serré dans mes bras Souleymane Gueye, le directeur de Saaraba.
Cette distinction internationale vient saluer le travail remarquable mené depuis plusieurs années par cette maison d’édition sénégalaise, engagée dans la création de livres jeunesse de qualité et dans la valorisation des talents africains.Je suis particulièrement fière de cette récompense. Elle témoigne du dynamisme, de la créativité et du professionnalisme croissants de l’édition jeunesse africaine. Au-delà de Saaraba, c’est tout un continent qui voit son savoir-faire éditorial reconnu sur la scène internationale.
Rassembler les Afrique(s) autour d’une même conversation
Pour nous tous, l’un des moments forts de cette édition a été la table ronde que BCBF m’avait demandé de modérer sur la belle scèe du Next Chapter Book Café. Elle réunissait 5 éditrices fromidablement engagées sur le terrain.
Au-delà des réalités nationales parfois très différentes, cette rencontre a permis de mettre en lumière des préoccupations partagées : la circulation des livres sur le continent, les enjeux de diffusion, le développement des catalogues jeunesse, la visibilité des auteurs et illustrateurs africains, ainsi que les perspectives de coopération entre professionnels. Mais aussi et surtout les initiatives locales, les réalités contrastées et l’engagement au quotidien de ces 5 éditrices du Nigéria, Madagascar, Mozambique, Kenya et Côte d’Ivoire.
L’annonce des finalistes du Prix de l’édition jeunesse africaine
Cette table ronde s’est achevée par un moment particulièrement attendu : l’annonce officielle des finalistes du Prix de l’édition jeunesse africaine (PEJA).
Créé à l’initiative d’eKitabu à la suite du Forum des éditeurs jeunesse d’Afrique (FEJA), ce prix a pour ambition de valoriser les talents de l’édition jeunesse africaine francophone et de favoriser la circulation des œuvres à l’échelle du continent et au-delà.
Les finalistes sélectionnés témoignent de la qualité croissante des catalogues jeunesse africains et de la vitalité créative des auteurs, illustrateurs et éditeurs qui les portent (voir article consacré au PEJA).
Au-delà des récompenses, construire des ponts
Les tables rondes sont essentielles. Les prix sont importants. Ils attirent l’attention, valorisent le travail accompli et offrent une reconnaissance méritée.
Mais au-delà de tout cela, ce qui me semble essentiel, ce sont les passerelles professionnelles qui se construisent autour de ces initiatives : échanges de droits, projets de traduction, diffusion numérique, partenariats éditoriaux et nouvelles collaborations entre pays africains.
C’est précisément ce que permettent des événements comme la Bologna Children’s Book Fair : créer les conditions pour que les histoires africaines voyagent davantage dans le monde entier.
Elena Pasoli (directrice de BCBF) et Daniela Marmocchi ont bien compris dans quel esprit je travaille mais aussi la confiance que les éditeurs m’accordent.
Bologna 2026 aura une nouvelle fois démontré que les histoires africaines ont toute leur place dans les grandes conversations mondiales du livre jeunesse.