JNK-03963 (2)

PEJA 2026 | UNE DYNAMIQUE PANAFRICAINE

Le 7 mai 2026, quatre maisons d’édition africaines ont été récompensées lors de la deuxième édition du Prix de l’édition jeunesse africaine (PEJA), dans le cadre du Africa Forward Fest, à l’Alliance Française de Nairobi.

Mais le Prix de l’édition jeunesse africaine ne se limite pas à distinguer quelques titres. Il porte une ambition beaucoup plus large : faire connaître la qualité et la diversité de la création jeunesse francophone en Afrique, favoriser la circulation des livres sur le continent et construire des passerelles durables entre les espaces éditoriaux francophones et anglophones.

Un Prix né d’une rencontre entre les Afriques francophone et anglophone

L’idée du Prix de l’édition jeunesse africaine est née en mars 2025, à Lomé, à l’occasion du premier Forum des éditeurs jeunesse d’Afrique – FEJA.

Ce Forum avait réuni 52 éditeurs venus de 15 pays africains afin de travailler sur les enjeux de la littérature jeunesse, de la coédition, de la circulation des droits, de l’illustration et du développement des marchés du livre sur le continent.

Invité au FEJA, Will Clurman, fondateur et CEO d’eKitabu, a découvert la richesse et la diversité de la production éditoriale jeunesse en Afrique francophone. De cette rencontre est née la volonté de créer un Prix capable de mieux faire connaître ces ouvrages et de leur ouvrir de nouvelles perspectives de diffusion.

Porté par eKitabu et sa marque éditoriale jeunesse Maua Books, le Prix a ainsi été conçu comme un trait d’union entre les régions du continent.

L’enjeu est essentiel. De nombreux ouvrages jeunesse africains de grande qualité restent encore peu visibles au-delà de leur pays de publication. Ils circulent difficilement d’un marché à l’autre et atteignent rarement les lecteurs des autres régions du continent.

Le Prix entend contribuer à lever ces barrières en donnant une reconnaissance professionnelle aux éditeurs, aux auteurs et aux illustrateurs, mais surtout en accompagnant concrètement les livres vers de nouveaux lecteurs.

Le PEJA 2026 change d’échelle

Dès 2026, le Prix a connu un développement significatif. L’appel à candidatures a recueilli 52 ouvrages proposés par 25 maisons d’édition issues de 12 pays africains francophones. Cette forte participation témoigne du dynamisme de l’édition jeunesse africaine francophone. Elle montre également la diversité des formes, des univers graphiques et des sujets aujourd’hui proposés aux jeunes lecteurs.

Des jurys panafricains représentant la chaîne du livre et l'éducation

L’une des forces du Prix en 2026 repose sur la composition de ses jurys avec 20 professionnels de 13 pays qui ont participé à l’évaluation des titres.

Ils venaient du Burkina Faso, du Cameroun, de Centrafrique, de Côte d’Ivoire, de France, de Guinée, du Kenya, de Madagascar, du Niger, de République démocratique du Congo, du Rwanda, du Sénégal et du Togo.

Ils/elles étaient auteurs, illustrateurs, éditeurs, distributeurs, libraires, bibliothécaires, enseignants et acteurs culturels.

Cette diversité invite également à examiner la cohérence globale du livre, son adéquation avec son lectorat, sa qualité éditoriale, sa capacité à toucher les enfants et les adolescents ainsi que son potentiel de circulation.

Les débats ont parfois été vifs et les avis contrastés. Mais cette confrontation des regards constitue précisément la richesse d’un jury panafricain. Elle permet de prendre en compte les sensibilités, les pratiques de lecture et les réalités professionnelles de plusieurs régions du continent.

12 ouvrages finalistes annoncés à la Bologna children's Book Fair

Le 15 avril 2026 lors de ce grand rendez-vous international de l’édition jeunesse et au terme de la table-ronde African KidLit: From Scarcity to Innovation,  les 12 finalistes ont été annoncés face à un public international. Le fait de présenter les finalistes à Bologne avait une portée stratégique.

Il s’agissait de montrer que ces ouvrages ont toute leur place dans les grands rendez-vous internationaux et qu’ils peuvent intéresser des éditeurs, des agents, des traducteurs, des bibliothécaires et des partenaires venus du monde entier.

Premières lectures
  • La fourmi qui ne voulait pas travailler,  Adinkra Jeunesse, Cameroun ;
  • Aakyrah le porc-épic, Éditions Graphik’Noir, Congo-Brazzaville ;
  • Tivi le zébreau, Yaslo Éditions, Bénin.
Histoires et romans jeunesse
  • On dit que les girafes sont en Afrique,  Saaraba Éditions, Sénégal ;
  • Les jolies rides de Mamie, Massaya Éditions, Côte d’Ivoire ;
  • Zaklôh le traître, Tabala Éditions, Côte d’Ivoire.
Romans adolescents
  • Sous le poids de la tradition, Éditions Calebasse, Côte d’Ivoire ;
  • La prophétie accomplie, Tamba Éditions, Bénin ;
  • Samba et le haricot de l’oncle Nkodia, Éditions Graphik’Noir, Congo-Brazzaville.
BD et Comics
  • Spiritual Cure, NEA Éditions, Congo-Brazzaville ;
  • Jeudi noir, lycée technique, Centrale Comics, Congo-Brazzaville ;
  • Lilani 2, Saaraba Éditions, Sénégal.
la fourmi
tivi
aakyrah
girafes
jolies rides
zakloh
prophétie
Samba
sous le poids de la tradition finaliste
Lycée technique
Lilani
Spiritual Cure finaliste

À travers ces 12 titres, plusieurs territoires, styles d’écriture, univers graphiques et manières de raconter l’Afrique contemporaine ont ainsi été mis en lumière.

PEJA : les lauréats 2026

Annoncés le 7 mai 2026 lors de l’Africa Forward Fest à l’Alliance française de Nairobi.

Premières lectures : La fourmi qui ne voulait pas travailler, de Kidi Bebey, illustré par Amandine Atangana, publié par Adinkra Jeunesse au Cameroun.

Histoires & Romans jeunesse : On dit que les girafes sont en Afrique, de Naïl Ver-Ndoye et Farid Malki Paul, illustré par Audrey Sakho, publié par Saaraba Éditions au Sénégal.

Romans ado : Sous le poids de la tradition, de Fatou Diomandé, publié par Les Éditions Calebasse en Côte d’Ivoire.

BD & Comics : Spiritual Cure, d’Arnaud Wafo, publié par NEA Éditions au Congo-Brazzaville.

Les quatre éditeurs lauréats avaient été invités par eKitabu afin de participer à la cérémonie et aux activités de l’Africa Forward Fest. Cette présence physique est importante. Elle permet aux éditeurs de rencontrer d’autres professionnels, de présenter leur catalogue, de découvrir le marché est-africain.

Les suites professionnelles : faire réellement circuler les livres

L’une des particularités du Prix de l’édition jeunesse africaine réside dans les actions qui suivent la remise des récompenses. Le Prix souhaite construire des débouchés durables pour les livres sélectionnés.

eKitabu prévoit ainsi de produire des fichiers ePub3 pour les douze titres finalistes. Ces fichiers seront remis aux éditeurs, qui pourront les utiliser pour commercialiser leurs ouvrages sur les grandes plateformes numériques.

Des sélections « Prix de l’édition jeunesse africaine » doivent également être proposées. Elles pourront regrouper les douze finalistes ou présenter les ouvrages par catégorie. L’objectif est de rendre ces titres plus facilement accessibles aux bibliothèques, aux écoles, aux libraires, aux institutions culturelles et aux familles.

La diffusion ne sera pas uniquement numérique. Une distribution de livres imprimés est également envisagée, avec notamment un projet de partenariat en France.

Enfin, certains ouvrages pourront être sélectionnés pour une traduction en anglais ou en swahili, afin de toucher les lecteurs d’Afrique de l’Est et d’ouvrir aux éditeurs francophones de nouveaux marchés.

Ces perspectives donnent au Prix toute sa dimension professionnelle. La reconnaissance éditoriale devient un point de départ pour travailler sur les droits, la traduction, la distribution et la présence des livres dans les bibliothèques et les écoles.

Mon rôle dans l’accompagnement du Prix
JNK-03729 (1)

En tant que consultante internationale, j’accompagne eKitabu dans le développement et la structuration de ce Prix.

Mon rôle consiste notamment à mettre ma connaissance des marchés francophones et mon réseau professionnel au service du projet, à contribuer à sa cohérence panafricaine et à structurer son organisation.

Cet accompagnement porte sur plusieurs dimensions : la mobilisation des maisons d’édition, la représentation des différents pays et métiers au sein des jurys, la mise en relation avec les professionnels et les institutions, la visibilité du Prix dans les rendez-vous internationaux ainsi que la réflexion sur ses prolongements professionnels. Il s’agit également de veiller à ce que le Prix reste au plus près des réalités des éditeurs africains.

Attribuer une récompense est important, mais cela ne suffit pas. Pour produire un impact durable, il faut aussi penser à développer la dimension professionnelle. C’est ce que je m’emploie à impulser tout en restant très focus sur l’impact.

Mon engagement auprès du Prix s’inscrit dans la continuité du travail que je mène depuis de nombreuses années : créer des liens entre les professionnels du livre, renforcer les compétences et ouvrir de nouvelles possibilités de coopération entre les différents marchés africains et internationaux et surtout créer, favoriser, développer ce qui n’existe pas.

Un Prix appelé à voyager sur le continent

Après deux éditions organisées à Nairobi, le Prix doit poursuivre son développement dans d’autres régions d’Afrique. Will Clurman a annoncé que la cérémonie 2027 devrait se tenir en Afrique francophone. Ce déplacement marquera une nouvelle étape dans l’ancrage panafricain du projet.

Le Prix dispose désormais d’une identité visuelle, d’un nouveau logo et d’un badge qui peut être apposé sur les ouvrages finalistes et lauréats. Mais sa véritable identité se construit surtout à travers le réseau de professionnels qu’il rassemble et les projets qu’il fait naître.

Le Prix de l’édition jeunesse africaine devient progressivement beaucoup plus qu’un palmarès. Il constitue une plateforme de visibilité, de circulation et de coopération, au service des histoires africaines et de celles et ceux qui les écrivent, les illustrent, les éditent, les diffusent et les transmettent.

Il affirme également une conviction forte : les livres jeunesse produits en Afrique doivent pouvoir circuler dans les librairies, les bibliothèques, les écoles et les foyers de tout le continent, mais aussi trouver leur place sur les marchés internationaux.

Tags: No tags

Les commentaires sont fermés.